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Concurrence au Maroc

Droit et de la politique de la concurrence au Maroc et ailleurs

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Cession de Maroc Télécom : raisons du désintérêt du groupe vivendi et portrait des opérateurs en lice.

Cession de Maroc Télécom : raisons du désintérêt du groupe vivendi et portrait des opérateurs en lice.
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Depuis que le groupe Vivendi a déclaré son intention de céder ses parts dans le capital de Maroc télécoms à un prix de cession évalué à 5.5 milliards d’euros, les pronostics se sont multipliés pour connaitre le nouveau repreneur. D’ailleurs, plusieurs opérateurs ont manifesté leur intérêt pour cette opération et les tractations sont toujours en cours, il s’agit principalement des opérateurs suivants : France Télécoms, Etissalat, Qtel, STC et KT. Il importe de rappeler que la société Videndi est détentrice de 53% du capital de Maroc Telecom, l’Etat marocain dispose 30%, alors que 17% sont flottante en bourse.

Avant d’analyser le profil de chacun de ces opérateurs et sa conformité avec le contexte et le portrait du futur repreneur, il importe de relever que ce projet de cession révèle le désintérêt du groupe Vivendi pour la valeur Maroc Télécom. En effet, cet actionnaire majoritaire semble considéré qu’il est temps pour lui de quitter le navire.

Le principal facteur qui pourrait être à l’origine de cette décision peut consister en la maturité du marché marocain des télécommunications au Maroc. Un marché qui, désormais connait un resserrement des marges de manœuvres pour les opérateurs en place, en particulier pour l’opérateur historique, dont les parts de marché n’ont pas cessé de baisser en raison des effets de la concurrence.

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En effet, malgré sa position de leader sur presque tous les segments du marché (fixe, mobile et internet), l’évolution annuelle des indicateurs financiers de MT reflète un infléchissement à la baisse à tous les niveaux. D’ailleurs, le groupe Vivendi a anticipé à juste titre ce contexte concurrentiel tendu puisque les derniers résultats déclarés par le board de Maroc télécom ne sont pas réjouissants.

Ainsi, les revenus de l’opérateur sur le marché marocain ont baissé de 7.4%, Une réduction due principalement à la baisse des prix du mobile et des terminaisons d’appel imposés par l’ANRT. Cette baisse a heureusement été compensée par l’augmentation des revenus du groupe à l’international qui ont évolué de 17%(source : MT 2012).

Par ailleurs, le résultat net du groupe a également enregistré une tendance baissière de 7.7% entre 2011 et 2010 et de 17.4% entre 2012 et 2011. Ces indicateurs financiers sont confirmés par l’évolution annuelle des parts de marché de Maroc Télécom. En effet, les parts de Maroc Télécom sur le marché du mobile ont baissé de 1.08% entre 2012 et 2011, et de 7.4% sur le marché du fixe, sachant par ailleurs que le chiffre d’affaires réalisé par Maroc Télécom a automatiquement suivi cette tendance baissière et a dégringolé respectivement de 7.7% et 10.3% sur le marché de mobile et de fixe.

Il s’agit en effet d’une conséquence tout à fait normale induite par la mise en concurrence avec les autres challengers (Meditel et INWI) qui ont grignoté des parts de marché à l’opérateur historique. Une concurrence qui a été également exacerbée à cause du modèle de régulation imposé à Maroc télécoms en tant qu’opérateur puissant en l’astreignant à des obligation spécifiques en terme d’accès au réseau, dégroupage et d’interconnexion. Par ailleurs et comme précédemment souligné, les révisions constantes des tarifs d’interconnexion à la baisse imposées par le régulateur sectoriel (ANRT) ont également négativement influencé sur ses prix et donc sur ses marges commerciaux.

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Toutefois, ces résultats décevants devraient être mitigés par le fait que les marges d’EBITDA réalisé par Maroc Télécom (56%) demeurent fortes intéressantes, voir très élevés en comparaison avec d’autres opérateurs de même taille : Etissalat (52%), France Télécom (31.7%), Deutch Télécom (31.1%), ce qui peut séduire d’éventuels repreneurs.

Pour ce qui est de l’analyse du profil de chaque candidat aux prébendes du capital de Maroc Télécom, quatre opérateurs sont en lisse :

  • Le groupe France Télécom : l’acquisition éventuelle des parts de Vivendi par France Télécom est problématique d’un point de vue concurrentiel. En effet, France Télécom est déjà présente sur le marché marocain des télécommunications à travers sa prise de participation actuelle dans le capital de Meditel (40%), deuxième opérateur sur le marché en termes de parts de marché. Il en résulte que le fait d’accumuler des parts majoritaires dans les deux sociétés ((Maroc Télécom et Méditel), peut aboutir à la constitution d’un géant Trust et donc à une « monopolisation » du marché. Cela reviendrait à écarter toute concurrence entre les deux opérateurs (Maroc Télécom et Méditel) car on ne peut pas se concurrencer soit même. Une telle acquisition devra par conséquent être notifié à l’autorité de concurrence sectorielle, à savoir l’ANRT puisque cette dernière joint à titre exceptionnel de la compétence en matière de contrôle des concentrations dans le secteur des télécommunications.

Toutefois, l’hypothèse de rachat des parts de vivendi par France Telecom nous semble à écarter : d’une part en raison du niveau élevé de l’endettement de France télécom qui a été évalué selon les analystes BMCE capital à 30 milliards d’euros, et d’autre part du fait que les déclarations du top management de l’opérateur considère cher le prix de 5.5 milliards d’euros évalué par Vivendi (le Soir du 15 février 2013).

Le groupe Ittisalat : ce groupe Emmirati dispose de plusieurs filiales et participations dans plusieurs pays arabe (Arabie Saoudi, Egypte) , mais également en Afrique (Tanzani, Benin, Burkina Faso, Gabon, Togo). Contrairement à France Télécom, Ittisalat semble être un sérieux prétendant en raison de son niveau d’endettement très faible et du niveau élevé de son flottant, mais également en raison des synergies que peut créer cette opération vu que Maroc télécom a également des ramifications dans le marché africain, un marché sur lequel Itissalat opère activement.

Le groupe Qatari QTEL : ce groupe est présent dans 17 pays dans le monde. Son point fort, c’est sa connaissance du marché maghrébin puisqu’il y est déjà présent (Tunisie, Algérie), il dispose également d’un niveau élevé de cash flow. Toutefois, son niveau d’endettement demeure relativement élevé.

Le groupe Saoudien STC : la société est détenue exclusivement par l’Etat saoudien. Elle est considérée comme le premier opérateur des télécommunications au Moyen orient (170 millions d’abonnés). Son cash flow important et son niveau d’endettement acceptable jouent en sa faveur. Toutefois, selon toujours les analystes de BMCE capital, le groupe n’affiche aucune volonté de s’implanter au Maghreb, puisque son marché prédilection demeure l’Asie et le Moyen orient.

Sans faire madame soleil, je pense sérieusement que, vu le contexte politique et économique, c’est le groupe Ettissalat qui est pressenti pour devenir le future actionnaire majoritaire de Maroc Télécom.

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